Comment reconnaître un vrai savon de Marseille ?

La vérité, c’est que la plupart des « savons de Marseille » que l’on trouve en supermarché ou sur les marchés touristiques ne sont que des imitations parfumées. Les jolis cubes colorés qui sentent la lavande sont agréables, mais ils n’ont rien à voir avec le vrai savon marseillais.

L’authentique savon de Marseille se reconnaît à sa composition très courte (4 ou 5 ingrédients maximum), sans parfum ni colorant, et bien sûr à la mention « 72 % d’huiles végétales ». Je vous montre comment éviter les pièges marketing et repérer un vrai savon, sans vous tromper.

Les 4 critères indispensables pour identifier un authentique savon de Marseille

Une composition ultra-courte exclusivement végétale

La recette traditionnelle du savon de Marseille repose sur seulement quatre ingrédients : huile végétale, eau, soude et sel. Les savonneries historiques respectent cette simplicité, avec au maximum 5 à 7 ingrédients si l’on compte les différentes huiles et la glycérine naturelle restante.

Sur l’étiquette (nomenclature INCI), vous devez trouver principalement du Sodium Olivate (huile d’olive saponifiée) et/ou du Sodium Cocoate (huile de coco), accompagnés d’Aqua, Sodium Chloride et Sodium Hydroxide. Si vous voyez apparaître des termes comme Sodium Tallowate ou Sodium Lardate, fuyez : ce sont des graisses animales interdites depuis l’édit de Colbert en 1688.

Attention également aux longues listes d’ingrédients. Dès que vous repérez la mention « Parfum », des colorants (CI suivi de chiffres), des conservateurs type parabènes ou de l’EDTA, vous n’êtes plus face à un savon de Marseille traditionnel mais à un savon cosmétique classique.

La mention obligatoire « 72 % d’huiles végétales »

Le chiffre historique indique la teneur minimale en acides gras d’origine végétale dans le savon fini. Il doit être clairement affiché sur l’emballage, idéalement estampillé sur l’une des faces du cube.

Ce pourcentage garantit que le savon est vraiment riche en huiles nobles (olive, coco, tournesol) et non en eau ou en charges. Méfiez-vous des mentions vagues comme « riche en huile d’olive » ou « à base d’huiles végétales » sans pourcentage précis : ces savons contiennent souvent très peu d’huile d’olive et beaucoup d’huile de palme ou de coco, avec des additifs pour compenser.

Décrypter l’étiquette et l’INCI pour éviter les imitations

Savon de Marseille authentique

Prenez dix secondes en magasin pour vérifier la composition INCI au dos du produit. C’est le seul moyen sûr de savoir ce que vous achetez.

Un vrai savon de Marseille a une liste courte, par exemple :

  • Olive : Sodium Olivate, Aqua, Sodium Chloride, Sodium Hydroxide
  • Coco/Tournesol : Sodium Cocoate, Sodium Sunflowerseedate, Aqua, Sodium Chloride, Sodium Hydroxide

Dans les deux cas, seulement 4 à 5 ingrédients de base.

À l’inverse, si l’INCI commence par Sodium Palmate, Sodium Palm Kernelate, Aqua, Parfum, Tetrasodium EDTA, CI 42090, vous êtes face à un savon industriel parfumé, même s’il est estampillé « traditionnel » ou « Marseille ».

Les savonneries authentiques comme Marius Fabre, La Corvette, Fer à Cheval ou Le Sérail indiquent toujours leur composition complète et le pourcentage exact d’huiles végétales. Rien à cacher !

Les signes visuels d’un véritable savon de Marseille

La couleur en dit long sur la composition. Un savon riche en huile d’olive va du vert olive au brun-vert, avec des nuances naturelles. Les savons blancs ou beige clair utilisent plutôt coco et tournesol, sans olive.

Si vous tombez sur un savon rose, bleu turquoise, violet ou rouge vif vendu comme « savon de Marseille », c’est un savon parfumé décoratif. Les colorants artificiels n’ont pas leur place dans la recette traditionnelle.

Côté odeur, le vrai savon de Marseille ne sent presque rien. Son parfum est discret, légèrement savonneux ou « gras ». Les cubes très parfumés à la lavande, à la rose ou au monoï sont des savons cosmétiques, pas traditionnels.

La forme classique reste le cube (300 g, 400 g ou 600 g) ou le pain rectangulaire, avec au moins une face portant le marquage « 72 % d’huiles végétales » et le nom de la savonnerie. La texture doit être ferme, dense, presque dure après séchage. Un savon mou ou friable indique une formulation différente.

Les pièges à éviter lors de l’achat

Ingrédients de ce savon

Les mentions « artisanal », « traditionnel », « à l’ancienne » ou « fabriqué en Provence » n’ont aucune valeur légale. N’importe quel fabricant peut les apposer. Seule la lecture de l’étiquette vous dit la vérité.

Sur les marchés, on trouve souvent des dizaines de « savons de Marseille » parfumés (vanille, fruits exotiques, fleur d’oranger) et en formes fantaisie. Ces produits sont généralement fabriqués loin de Marseille, avec des formules industrielles à base de palme et d’additifs. Leur prix très bas est un signal d’alerte.

Pour acheter sereinement, privilégiez les savonneries historiques qui respectent le procédé marseillais au chaudron (saponification à chaud sur 10 à 14 jours) et qui fabriquent dans les Bouches-du-Rhône. L’Union des Professionnels du Savon de Marseille (UPSM) recense les fabricants adhérant à une charte stricte : 100 % d’huiles végétales, minimum 72 % d’huiles, aucun additif, production locale.

Voici ma check-list rapide avant achat :

  • INCI avec 4 à 5 ingrédients maximum, tous végétaux.
  • Absence totale de Parfum, d’huile essentielle, de colorants CI et de conservateurs.
  • Mention claire « 72 % d’huiles végétales » visible sur le savon ou l’emballage.
  • Forme cube ou pain, couleur naturelle (vert, brun ou blanc cassé).
  • Identification d’une savonnerie traditionnelle reconnue avec procédé au chaudron.

Le terme « savon de Marseille » n’étant pas protégé légalement comme une AOP, vous devez rester vigilant. Mais avec ces critères, vous êtes sûr de tomber sur un vrai savon traditionnel.

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